Opticiens en EHPAD… ce que propose la FNOF : "On a les outils, il faut le cadre"
Président de la Fédération nationale des opticiens de France, Hugues Verdier-Davioud formule des propositions en vue d'encadrer l'intervention des opticiens en EPHAD souhaitée à terme par le gouvernement. Elles ont été présentées au début de l'été, lors d'une commission au ministère de la Santé.
Rappelons d’abord que le gouvernement, à travers son "Pacte de lutte contre les déserts médicaux", a annoncé vouloir généraliser l’expérimentation, actuellement en cours, des opticiens en EHPAD. Si les contours de cet élargissement souhaité à terme n’ont pas été précisés par les pouvoirs publics, la FNOF, de son côté, a récemment présenté des propositions qui vont concrètement dans ce sens. Elle les a exposées le 11 juillet dernier lors d’une réunion au ministère de la Santé, en présence des ophtalmologistes notamment. « L’idée, explique Hugues Verdier-Davioud, est de permettre aux patients non encore résidents de bénéficier d’un bilan ophtalmologique pré-entrée en EHPAD. Cela libère le champ d’action de l’opticien sur la base d’une ordonnance en cours de validité (qui manque aujourd’hui). Nous envisageons aussi l’opportunité d’allonger sa durée de validité, parce qu’il faut pouvoir continuer d’équiper les patients qui présentent encore des besoins, en accord avec les médecins notamment coordonnateurs ». Ça, on l’aura compris, c’est pour celles et ceux qui vont faire leur entrée dans un établissement ; mais qu’en est-il pour les patients déjà résidents ? « Les ophtalmologistes pourraient s’engager à les visiter sous deux ans de manière à établir un bilan à partir duquel l’opticien pourra prendre le relais », avance le président de la Fédé qui tient par ailleurs, au nom de la continuité des soins, à ce que « cette possibilité d’intervention en EHPAD soit réservée aux opticiens installés sur le territoire » [c'est-à-dire à proximité des structures d'accueil concernées] : « Les résidents des EHPAD sont souvent déjà patients chez l’opticien local. Ils se connaissent et se font confiance. Les familles connaissent l’opticien, comme les soignants de l’EHPAD. Ces conditions favorisent l’empathie qui doit accompagner la prise en charge du patient », fait valoir le syndicaliste.
Toujours animé par l’idée - son cheval de bataille depuis des années - de valoriser la prestation de l’opticien, Hugues Verdier-Davioud demande dans ce contexte que de nouveaux actes soient créés : « Le temps dévolu à la prise en charge du patient pour l’examen et les frais de déplacements, devront donner lieu à la création de trois actes rémunérés en reconnaissance des prestations. Un pour le déplacement, l’autre pour l’examen, et le troisième pour la mise à jour informatisée du dossier du patient », détaille-t-il. Ces propositions, assure l’intéressé, ont été accueillies « avec bienveillance et un esprit constructif » par les prescripteurs qui participaient eux aussi à la commission en juillet. Il semble en effet que sur ce point, FNOF et SNOF soient globalement raccord. Lors du Grand débat de la filière visuelle qui s'est tenu mi-juin, le Dr Dedes, représentant des ophtalmos, expliquait que s’agissant des personnes âgées, isolées et éloignées des soins, la priorité est « une présence médicale » : « C’est d’abord l’ophtalmo qui doit se déplacer et ensuite seulement on s’appuie sur les autres professionnels autour, l’orthoptiste et l’opticien de territoire. » Un schéma qui fait visiblement écho à celui de la FNOF... Bref, des accords entre organisations professionnelles sont à formaliser pour une mise en oeuvre, normalement, au 1er janvier 2026. L’expérimentation actuellement menée en EHPAD doit en effet se terminer à la fin de l’année. « L’opticien a les outils, il faut lui donner le cadre », espère la FNOF.
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